Catégories
Recruteurs et commerciaux IT

Recruteur ou imposteur ?

Le billet de cette semaine fait écho à l’article « Recruteurs, et si on parlait des bases ? » publié la semaine dernière. Pas mal de personnes m’ont interpelée pour me dire à quel point la question de sens était importante dans leur métier de recruteur. Sylvain en a d’ailleurs parlé dans l’un de ses derniers articles : « La quête de sens du recruteur ». Tout ceci m’a amené à la question que je vous pose aujourd’hui : et vous, êtes-vous recruteur ou imposteur ?

Pour que les choses soient sans ambiguité, le terme d’imposteur ici ne renvoie pas au syndrome de l’imposteur où la personne « a l’impression de tromper son monde concernant ses réelles capacités et compétences » (Article WTJ sur ce sujet spécifique s’il vous intéresse). Il s’agit + de mettre en opposition les recruteurs de coeur versus les recruteurs par dépit.

Recruteur / imposteur, de quoi parle-t-on ?

Que l’on soit un vrai recruteur passionné dans l’âme ou un recruteur qui fait juste son job, ça change quoi au juste ? Cette question, je me la pose régulièrement et j’aime utilisé la métaphore de Nicolas Galita de l’Ecole du Recrutement autour de la cuisine. Il explique qu’il y a ceux qui font la cuisine, comme vous et moi (en ce moment, c’est coquillettes jambon chez moi, et chez vous 😂?) et les vrais cuisiniers de métier, de vrais professionnels qui connaissent des ingrédients, les saveurs, les techniques et qui utilisent les bons outils. En recrutement, c’est la même chose. Comprenez par-là, que tous les recruteurs ne sont pas des recruteurs. De la même façon qu’il y a des chefs cuisiniers et des gens qui font la cuisine, il y a des recruteurs et des gens qui font du recrutement. Vous vous situez où, vous ?

Recruteur / imposteur, quelle différence ?

Le Recrutement, soit on aime ❤️, soit on déteste 💔. Les raisons d’être dans le 1er ou le 2ème camp sont propres à chacun, toujours est-il que ce métier ne laisse pas indifférent. Combien de personnes ont démarré dans le recrutement pour au bout d’1 ou 2 ans basculer sur des fonctions commerciales (plus valorisées et mieux payées), sur des fonctions de RH généralistes (plus « nobles »), ou sur tout autre chose ? Des tas ! Rares sont les recruteurs « seniors » (bon ok, après ça dépend aussi des conditions d’exercice du métier, par exemple en PME / en cabinet / en ESN 😅). Ce qui différencient les uns des autres ? La passion du métier. Un bon recruteur fera de la veille par exemple (d’ailleurs, si vous voulez apprendre à en faire, voici un article spécial veille pour les recruteurs juste ici). Il se tiendra informé des nouvelles techniques de sourcing / d’approche, des nouveaux outils disponibles sans pour autant oublier les bases du métiers (pour reprendre une autre citation de Nicolas Galita ➡️ « les outils ne vous sauveront pas »). Il comprendra que ce qui prime, ce n’est pas de faire du chiffre mais de se créer un réseau / un vivier de candidats à suivre sur du long terme. Il saura se positionner comme un vrai professionnel indispensable à son organisation, sans mettre de côté son éthique et ses principes (« non je ne source pas 3 mots clés, on se fait un brief complet plutôt 😁? »). Il fera du « Candidate care » son cheval de bataille parce que si le business est un de ses prescripteurs, le candidat est celui in fine qui a le pouvoir. Le pouvoir de dire oui, de dire non, de le ghoster ou de lui recommander des amis candidats.

Imposteur, je veux devenir Recruteur, c’est possible ?

Dans la vie, tout est possible, non ? Attention cependant à vous poser les bonnes questions.

❌ Si vous avez choisi le recrutement par défaut, dépit, erreur, que vous voyez ce job comme un simple tremplin, un entre-deux en attendant de trouver mieux, un gagne-pain, un truc stable pour payer les factures … vous resterez très probablement bloqué au stade d’imposteur. Et c’est dommage car vous risquez de vous lasser, de vous démotiver, et finalement de faire le strict minimum.

N’oubliez pas que Recruteur est un métier qui s’exerce 24H/24. What 🤔 ? Imaginez que vous êtes à une soirée et vous rencontrez quelqu’un qui cherche à changer de boite, et oh, quel heureux hasard, il est pile poile dans votre scope métier. Ne me dites pas que nous n’essayerez pas d’en savoir + et de lui « vendre » vos projets ? L’occasion serait trop belle. Changer de job / avoir un job, c’est l’une des préoccupations principales des Français. Croyez-moi, vous êtes recruteur 365 jours / an.

Sans oublier que de nombreux candidats bashent des recruteurs sur les réseaux sociaux parce qu’ils ont vécu des situations horribles, déstabilisantes, humiliantes. Situation, on peut l’imaginer, provoquées ou favorisées par des individus qui n’aiment pas leur job et qui se fichent des conséquences. Si vous n’éprouvez aucune fierté et zéro plaisir à faire ce job, changez- en !

✅ Si le recrutement n’était pas votre option n°1 mais que finalement, vous avez appris à aimer ce métier, à vous former, à échanger de bonnes pratiques avec vos pairs, à vous intéresser à l’écosystème du recrutement, à remettre en question vos pratiques, à vous demander comment être un meilleur recruteur, alors, bravo, vous avez évolué vers le next step 👏🏻 !

Comment devenir un meilleur recruteur ?

Je n’ai malheureusement pas de formule magique 🦄 mais je peux quand même vous donner 3 pistes de réflexion.

  1. La formation ➡️ C’est un fait, le recrutement s’apprend sur le tas. Enfin, ça c’était avant ! Depuis L’Ecole du Recrutement est née avec une formation professionnelle et certifiante en sourcing / recrutement 🎉. N’hésitez pas non plus à consulter des blogs, lire des articles. 👋🏻 Mention spéciale au livre d’Hélène et de Christel de Foucault sur la partie entretien « Recruteur, 80 questions pour réussir vos entretiens » (vous pouvez le commander ici). Je ne peux ensuite que vous suggérer de vous former, ne serait-ce qu’en surface, aux métiers que vous recrutez (pour avoir le fameux « vernis technique »). Tiens, ça me fait penser à un article de Sylvain sur les technologies mobiles (si jamais vous recrutez dans ce domaine, enjoy 🙌🏻). Et puis, il ne faut pas avoir peur de dire « je ne sais pas », « je ne comprends pas », « aidez moi à apprendre » et de demander un accompagnement.
  2. Le benchmark / échanges de bonnes pratiques ➡️ Finalement, dans un milieu où tout semble cloisonné et très confidentiel, les recruteurs ont besoin d’échanger, de partager, de débattre avec d’autres recruteurs. Par exemple, en interne, ça peut être pertinent d’échanger avec d’autres recruteurs pour savoir comment ils appliquent leur métier au sein d’une même boite (parfois les différences sont hallucinantes !). En externe, pourquoi ne pas discuter avec d’autres recruteurs sur des éléments spécifiques : le parcours candidat, le sourcing, l’onboarding, etc. Cela ne veut pas dire que vous allez piquer l’idée du voisin mais au moins, vous savez ce qui se fait ailleurs, ce qui marche, ou pas. Ca peut, pourquoi pas, vous aider à vous projeter différemment et vous booster !
  3. Le feedback ➡️ Vous voulez vous améliorer ? Faites un bilan objectif de vos pratiques. Vis à vis de vos managers, de vos collègues recruteurs et surtout des candidats. Essayez d’obtenir un retour sur différents items qui font sens pour vous. Le but étant de savoir ce que vous devez conserver et optimiser, et ce que vous devez complètement revoir, voire laisser tomber. Si plusieurs avis se recoupent, ça aura d’autant plus d’impact. A vous d’en tenir compte et de prendre les bonnes décisions. Par exemple, si plusieurs candidats se plaignent de ne pas avoir de retour après l’entretien, demandez-vous comment faire pour communiquer un retour systématique ? Est-ce seulement vous qui êtes en cause ou est-ce le process général qui est à optimiser ? Posez-vous les bonnes questions 😉

Nous arrivons à la fin de ce billet et j’espère qu’il vous aura plu. Encore une fois, je vous livre une vision très personnelle et le but n’est pas de marginaliser une partie de la population des recruteurs. Nous essayons tous de bien faire notre job. Enfin, je l’espère ! A travers cet article, j’espère susciter une prise de conscience sur ces sujets : le sens, l’intérêt du métier, la volonté de bien faire. Si vous voulez qu’on en discute directement, vous savez où me contacter, ça sera avec plaisir 🙋🏻!

Bérangère GONZALEZ

Happy Recruteuse chez Capgemini / Créatrice du blog Happy Recruteuse / Profil LinkedIn

Recruteuse en ESN depuis 10 ans (ah oui déjà  !), je suis passionnée par l’univers du digital et de la création de contenus. Très active sur LinkedIn, je communique depuis des années autour du Recrutement pour faire connaître et défendre ce beau métier. Plus récemment, j’ai lancé le blog Happy Recruteuse où je propose des tips, astuces, conseils, REX pour booster le mindset et l’organisation des recruteurs.

Crédits Photos : Canva

Une réponse sur « Recruteur ou imposteur ? »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.